La prévention des chutes n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît et, avec la quantité d'informations disponible, il peut être difficile de savoir par où commencer. C’est pour cela que nous avons créé cette base de connaissances sur la prévention des chutes.

Ici, vous trouverez des conseils pratiques et des recommandations pour vous aider à prévenir les chutes dans votre hôpital. Nous avons également inclus une liste de ressources fiables avec encore plus de directives et d’outils vous permettant, à vous et à votre équipe, de lutter contre les chutes.

Sensibilisation à la prévention des chutes

Les personnes âgées de plus de 65 ans sont considérées comme étant la population la plus à risque de chute. En effet, environ 2 millions de personnes de plus de 65 ans chutent par an en France1 que ce soit dans des établissements de santé ou à l’extérieur. En outre, après une chute le risque de tomber à nouveau dans la même année est multiplié par 20.1

Alors que ces chutes peuvent entrainer de graves conséquences à cet âge : fracture de la hanche, impact psychologique ou même décès dans les pires cas selon la Haute Autorité de Santé (HAS)2 l’impact économique répercuté sur les établissements est aussi à prendre en compte. Selon les lignes directrices NICE de 20133, au Royaume-Uni les chutes coûteraient 2,3 milliards de livres par an au système de santé publique. En France, le coût annuel des chutes est estimé à plus de 2 milliards d’euros.4

Graphique sur le coût des chutes en France dans les hôpitaux



Références 
1 Jean-Louis Demangeat, Marie-Anne Geldreich, Brigitte Kessler, Christine Kohlbecker, Marie-Claude Sure, Chantal Jeanmougin, « Mise en place d’un dispositif de prévention des chutes au Centre Hospitalier de Haguenau », Recherche en soins infirmiers, N°99, 2009/4, Page 26-Page 42.

2 https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Prevention_chutes_recos.pdf
3 National Institute for Health and Care Excellence. Falls: assessment and prevention of falls in older people. June 2013, Disponible (en anglais) sur: http://www.nice.org.uk/guidance/cg161
4 http://www.ehpadia.fr/Chutes-des-personnes-agees-un-cout-de-2-milliards-d-euros-pour-la-societe_a104.html

Évaluation des risques de chutes: le patient

Les professionnels de santé doivent rapidement évaluer le risque de chute des patients présents dans l’établissement et prévenir ce risque. 

L’âge

 Les personnes âgées de plus de 65 ans sont considérées comme étant la population la plus à risque de chute. En effet, environ 2 millions de personnes de plus de 65 ans chutent par an en France¹ que ce soit dans des établissements de santé ou à l’extérieur. Ces chutes peuvent entrainer de graves conséquences à cet âge : fracture de la hanche et parfois décès. 

L’historique des chutes

L’historique des chutes est un facteur essentiel, surtout si elles se sont produites durant les six derniers mois. Les antécédents de chutes sont un indicateur fiable permettant de déterminer si le patient risque de chuter à nouveau.

L’incontinence

Les problèmes d’incontinence peuvent mener à des chutes, notamment chez les personnes mobiles et indépendantes qui font face à des urgences d’incontinence. Les nombreux allers-retours entre la chambre et la salle de bain, ainsi que l’utilisation de cathéters urinaires multiplient les risques de chute. 

Les médicaments

Il est recommandé que les établissements de santé listent les médicaments pouvant provoquer des chutes comme les sédatifs, les anxiolytiques, les antidépresseurs, les psychotropes, les anesthésiants, les antihistaminiques, les agents hypoglycémiques, les diurétiques et les narcotiques. Un patient qui a récemment subit une procédure chirurgicale et qui reçoit une dose de sédatif doit généralement être considéré comme un patient à haut risque de chute, du moins pendant les 24 heures après l’intervention et jusqu’à ce que cette personne reprenne conscience. 

Les équipements de soins aux patients

La présence d’équipements de soins reliés au patient qui restreignent sa capacité à se mouvoir peut également comporter un risque de chute. Cela peut inclure : les éléments de drainage, les cathéters, les appareils de stomie non portatifs, les sondes gastriques, les tubes thoraciques, les équipements respiratoires, les masques de distribution d'oxygène ou canules et moniteurs filaires.

La mobilité

Cela inclut les patients ayant besoin d’une assistance ou d’un appareil pour se déplacer. La démarche doit être évaluée pour détecter tout problème d’équilibre.   

Les chaussures médicales

Un nombre signifiant de personnes âgées chutent à cause de chaussures non adaptées ou mal ajustées.
Les professionnels de santé peuvent utiliser des chaussettes antidérapantes pour les patients ayant des chaussures inadaptées ou tout simplement arrivant dans l’établissement sans chaussures ou chaussons. Les chaussettes antidérapantes sont une très bonne option lorsque le patient se lève la nuit ou si le patient ne souhaite pas porter les chaussures recommandées. 

Les troubles auditifs et visuels

Les difficultés de mobilité peuvent être dues à des troubles de l’audition et / ou de la vision. Cette perte des sens peut affecter la qualité des mouvements et la compréhension de l’environnement. 

La stabilité mentale

Le risque de chute augmente lorsque la personne est émotionnellement impulsive, a tendance à être confuse et désorientée ou est diagnostiquée avec une maladie comme Alzheimer ou Parkinson.



References
¹ Jean-Louis Demangeat, Marie-Anne Geldreich, Brigitte Kessler, Christine Kohlbecker, Marie-Claude Sure, Chantal Jeanmougin, « Mise en place d’un dispositif de prévention des chutes au Centre Hospitalier de Haguenau », Recherche en soins infirmiers, N°99, 2009/4, Page 26-Page 42.

Évaluation des risques de chutes: l’environnement

Il est recommandé que les établissements de santé évaluent et identifient chaque pièce afin de déterminer les éléments pouvant causer des chutes (une pièce encombrée, la présence de liquide sur le sol…)

L’état et l’entretien des sols

Le sol des établissements de santé doit être non-glissant et nettoyé avec des produits adéquats. Tout élément encombrant le passage doit être retiré. Les ordinateurs, les chariots avec médicaments ou linge de lit ne doivent pas être entreposés dans les couloirs. La différence de hauteur entre les sols ne doit pas déséquilibrer la marche. Aussi, tout obstacle sur le sol doit être clairement indiqué par des signes visuels. Toutes les chambres des patients doivent offrir un accès libre vers les salles de bain.

L’éclairage

L’accès aisé aux interrupteurs est primordial pour les patients et les professionnels de santé. Les interrupteurs doivent être accessibles avant d’entrer dans la pièce. L’intensité de la lumière doit être réglée individuellement en fonction des patients. Toute lumière trop éblouissante pour la vue doit être baissée, de même pour la lumière naturelle. Les éclairages présents dans les couloirs et escaliers doivent être soigneusement évalués. 

La literie médicalisée

Les matelas des lits doivent être fermes sur les côtés pour permettre une assise et un transfert facile. Les boutons d’appels doivent être accessibles. Pour les patients à haut risque de chute, des lits spéciaux plus bas que la moyenne doivent être utilisés. Si ces lits ne sont pas disponibles, les lits doivent toujours être réglés sur la position la plus basse possible, notamment lorsque le personnel soignant n’est pas aux alentours. Les barrières de sécurité doivent être relevées des deux côtés et des protections supplémentaires – comme des tapis de sol- peuvent être utilisées pour prévenir ou amortir les chutes. 

Les chambres

Les meubles ne doivent pas être trop bas et doivent être résistants, sans bord traumatique et sans roulettes au cas où le meuble en question est utilisé comme support par le patient. Pour une meilleure assise et plus de sécurité il est généralement recommandé de privilégier les chaises avec accoudoirs. Les coussins et autres accessoires peuvent être utilisés pour plus de confort et aider les patients à mobilité réduite.

Les salles de bain

Les portes des salles de bain doivent être assez larges pour laisser passer les chaises roulantes. De plus, le seuil de la porte ne doit pas bloquer les accès aux accessoires de mobilité. Des tapis antidérapants doivent être posés sur le sol de la salle de bain, notamment près des douches et des barres de sécurité doivent être installées. Pour les patients les plus à risque, des toilettes surélevées sont nécessaires. Le personnel soignant doit être informé des règles de nettoyage et ne laisser aucune flaque à terre pour éviter tout glissement.  

Les escaliers

Il est recommandé d’inspecter les escaliers régulièrement. Les rampes doivent être sécurisées des deux côtés, les marches non glissantes et bien marquées. Rien ne doit être entreposé dans les escaliers. 

Les ascenseurs

Si votre établissement de santé comporte des ascenseurs, ceux-ci doit être au même niveau que le sol des couloirs et ne doivent pas être glissant.  La porte doit être assez large pour que les chaises roulantes puissent passer et doit aussi être la plus sensible possible pour éviter que les portes ne se referment sur les patients ou le personnel.  Les boutons doivent être lisibles en Braille et positionnés assez bas pour tous les utilisateurs. Les boutons d’appel et d’arrêt d’urgence doivent être bien visibles et être faciles d’accès. 

Informer les patients et les familles

Une fois les risques de chutes identifiés, il est important de les expliquer au patient et sa famille afin d’éviter tout accident.

Informer le patient

Il est nécessaire d’aborder les facteurs de risque de chute et de communiquer toutes les informations utiles au patient pour l’aider à contrôler son environnement. Si besoin, il est important d’expliquer au patient qu’il est parfois préférable de rester allongé et de demander de l’aide, que de se lever seul. Lorsque le patient doit se déplacer seul, suggérez-lui de porter des chaussures/chaussettes antidérapantes pour une meilleure adhérence au sol. Si le patient peut se déplacer sans assistance, conseillez-lui de rester 10 secondes assis avant de se lever. De plus, il est important de préciser de ne jamais s’appuyer sur un équipement à roulettes.  Expliquez comment utiliser les équipements qui protègent des chutes comme les barrières de lits. S’il y a un besoin d’ajuster les équipements, le patient doit demander l’assistance d’un soignant et non le régler lui-même. 

Informer la famille

Discuter avec les membres de la famille du dispositif de prévention à mettre en place est une étape importante. En effet, il est important de les prévenir des risques que comporte une chute chez un patient et et de leur donner des conseils afin de diminuer le risque de chute du patient pendant son séjour dans l’établissement. Donnez le maximum d’informations aux membres de la famille et aux patients. Si une chute se produit, veuillez à toujours prévenir la famille de toutes blessures. Cela crée une relation de confiance entre le personnel soignant et la famille. Rassurer et mettre en confiance la famille est un élément clé lors de chaque visite. Pour finir n’hésitez pas à prendre du temps pour répondre à tous les doutes et questions sur les risques de chute. 

Recommandations

Un programme de prévention des chutes doit être appliqué à l’ensemble de l’établissement pour être efficace. Des règles et responsabilités individuelles doivent être définies et clairement comprises par le personnel soignant. Former et impliquer vos équipes médicales dans ce programme va vous permettre d’avoir un établissement de santé plus sûr. Vos équipes doivent avoir accès aux outils adéquats à la prévention des chutes pour permettre de réduire les risques. Les outils de prévention doivent être compris et maitrisés par tous les professionnels de santé dès leur arrivée. Il est important de former l’équipe de façon régulière afin d’assurer une amélioration continuelle de la qualité de vie des patients.

Engager l’équipe

  • Aider l’équipe à identifier les zones de risque de chute
  • Mettre en place des formations et des ateliers pour l’équipe
  • S’assurer que l’équipe ait toujours en tête le programme de prévention des chutes et que ce soit un sujet lors des réunions hebdomadaires

Les outils pour la prévention des chutes

Les équipes doivent maitriser ces différents outils, par exemple :

  • Processus d’interrogation suite à une chute : Après une chute, il est important d‘en connaitre les causes, c’est pourquoi il est utile d’interroger les équipes médicales présentes à ce moment précis.  C’est un moyen de rassembler de nombreuses données et ainsi mieux préparer et former les équipes.
  • Mettre en place des rondes régulières : Lorsque les équipes vont visiter les patients, les besoins de ces derniers sont satisfaits. Des rondes toutes les heures aident à prévenir les chutes.
  • Créer un historique des données : utile pour avoir une vue d’ensemble sur les chutes et les résultats du programme de prévention.
  • Les alarmes de lits : Ce système permet à l’équipe d’être rapidement prévenu de la chute d’un patient
  • Garantir un accès facile aux toilettes : l’incontinence est un des facteurs de chutes
  • Utiliser des chaussettes ou chaussure appropriées. Les chaussettes anti-dérapantes sont une bonne option lorsque le patient se lève la nuit ou si le patient ne souhaite pas porter les chaussures recommandées. Voir notre gamme de chaussettes antidérapantes

Compte-rendu et suivi

Dès qu’une chute se produit, le professionnel de santé doit dès que possible :

  • Interroger le patient sur la chute
  • Evaluer les conditions cliniques et les facteurs de risques
  • Reconnaitre les facteurs de risques présents dans l’environnement du patient
  • Mettre en place les outils et les équipements de protection
  • Définir et mettre en place le processus d’intervention
  • Interroger les équipes médicales
  • Evaluer l’impact des interventions
  • Mettre à jour les interventions
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